J'aime mordre le dos des garçons.

Fantasmagorie du samedi.

10 septembre 2009

CALEPIN INFERNAL

lova4

"Au détour des décombres, j'ai ramassé avec fierté ma chair et je suis partie"


Avec Pia, après un déjeuner sur une terrasse en plein soleil parisien, nous flirtons avec une caisse pleine de livres, et les livres flirtent avec un message plein de sens. Elle en sort un: Lou, histoire d'une femme libre. L'amante voulue de Nietzsche, qui ne l'aura jamais. Elle en sort un autre: Carnet Infernal de François de Villandry. J'emporterai les deux.




HISTOIRE BANALE


L'autre nuit, dans un épais brouillard humide
J'ai croisé une fille Rien de plus banal N'est-ce pas?
Oui, j'ai croisé une fille aux yeux noyés d'ether.
Sa voix cassée, ses cheveux blonds ébouriffés
M'ont plongé en quelque sorte dans le désarroi.
Nous sommes allés discuter de nos rêves dans un bistrot.
Puis Dans un appartemet Rue "qu'importe"
Nous avons failli croiser l'amour
Failli pour l'unique raison
Que nous avions simplement soulagé nos corps.
Les sentiments étaient absents  ... Ailleurs!
Après avoir grillé quelques cigarettes
Nous avons essayé en vain de parler le même langage.
Nous avons abordé tous les sujets sans pour autant les analyser.
La grisaille de la nuit nous enveloppa...
Le matin Sous une pluie de grêlons S'est levé.
Nous aussi.
L'ayant quittée mes godasses ont crotté le parc Monceau.
L'esprit en déroute, par les clichés de ses manières
Me faisait défaut.
Mon être aussi!
Plusieurs jours se sont évanouis dans la pénombre d'une étoile brisée.
Hier, remontant l'Avenue Hoche
Une silhouette accrocha mon regard
La mienne dut accrocher le sien
Car c'est dans un élan mutuel
Que nos pas ont foulé le bitume dans la même direction
Jusqu'au moment où face à face...
Nos talons se sont tus.
Il pleuvait!
Un parapluie de couleur sombre
Berçait son portrait dans la mélancolie de sa vie.
Elle voulut me parler, j'acquiaissais avec dans la gorge,
Une sensation étrange.
Dans un pub coloré de moquette "automne"
Ses angoisses craquèrent dans un brouhaha de phrases
Poignantes.
Mes pupilles de bas en haut scrutèrent au travers de ses larmes
Un état dégradant...
Pour qui? Pour quoi?
Tout simplement... Pour nous... Vous et moi!
Prostituée Pute Péripatéticienne...
Abominables noms qui rongent à la fois le sourire et la tristesse.
Paumée, elle semblait happer ma main avec dans les doigts
Les cicatrices de la solitude.
Désespérement, elle s'aggripait à mes paroles
Comme on s'accroche à une drogue
Pour s'éclipser loin très loin
Vers l'ailleurs d'un trottoir dégueulasse.
Son corps flétri par des pattes sales
Son visage usé par la poisse
Semblaient s'effacer sous le pinceau d'un artiste peintre;
Elle se bloquait, ne voulant en aucun cas me faire ressentir son état
Et moi comme un con
Je l'écoutais avec dans le coeur des vibrations mortes.


François de Villandry.



*

Voilà mon héritage de cette bien étrange journée. C'est aussi un peu le votre, maintenant.
Comme dirait Lou Andreas Salomé -alter égo-:

<< Nous devons faire ceci, nous devons faire cela... Je n'ai aucune idée de qui est ce nous. C'est seulement de moi que je sais quelque chose. Je ne puis vivre selon un idéal, mais je puis très certainement vivre ma propre vie, et je le ferai quoiqu'il advienne. En agissant ainsi, je ne représente aucun principe, mais quelque chose de beaucoup plus merveilleux, quelque chose qui est en moi, quelque chose qui est tout chaud de vie, plein d'allégresse et qui cherche à s'échapper. >>

Posté par kirieh à 19:08 - Permalien [#]